Dire non à une demande supplémentaire lorsque son planning est déjà saturé.
Exprimer un désaccord avec son manager.
Demander à un collègue de respecter un engagement.
Présenter une idée devant une équipe plus expérimentée.
Signaler qu’une remarque a dépassé une limite.
Ces situations appartiennent au quotidien professionnel. Pourtant, elles peuvent être difficiles à gérer.
Certaines personnes préfèrent ne rien dire pour éviter le conflit. D’autres attendent trop longtemps avant de réagir et finissent par exprimer leur frustration de manière beaucoup plus directe.
Entre effacement et confrontation existe une troisième voie : l’assertivité.
Être assertif consiste à exprimer clairement son point de vue, ses besoins et ses limites tout en respectant ceux de son interlocuteur.
C’est une compétence professionnelle qui peut se développer.
L’assertivité au travail en bref
Une communication assertive permet de :
-
exprimer clairement son opinion ;
-
formuler une demande précise ;
-
savoir dire non lorsque cela est nécessaire ;
-
poser des limites professionnelles ;
-
donner ou recevoir un feedback ;
-
exprimer un désaccord sans attaquer la personne ;
-
défendre une idée tout en restant ouvert au dialogue.
Être assertif ne signifie donc pas parler plus fort ou avoir toujours raison.
L’objectif est de pouvoir prendre sa place dans la relation professionnelle sans prendre celle des autres.
Qu’est-ce que l’assertivité ?
L’assertivité désigne une posture permettant d’exprimer ce que l’on pense, souhaite ou refuse de manière claire et respectueuse.
Elle se situe généralement entre deux comportements opposés.
La passivité
La personne évite d’exprimer son besoin ou son désaccord.
Elle peut dire oui alors qu’elle souhaiterait dire non, ne pas poser une question par peur de déranger ou accepter une situation qui lui pose problème.
L’agressivité
La personne défend sa position en minimisant ou en attaquant celle de son interlocuteur.
Elle peut interrompre, juger, imposer ou personnaliser le désaccord.
L’assertivité
La personne exprime son point de vue clairement sans dévaloriser celui de l’autre.
Elle peut dire :
« Je ne pourrai pas terminer ces deux dossiers aujourd’hui. Lequel devons-nous traiter en priorité ? »
Le message est clair.
La difficulté n’est pas cachée.
Mais l’échange reste orienté vers une solution.
Pourquoi l’assertivité est-elle une compétence professionnelle ?
Une grande partie du travail repose sur des interactions.
Il faut régulièrement :
-
demander ;
-
négocier ;
-
expliquer ;
-
refuser ;
-
recadrer ;
-
convaincre ;
-
signaler une difficulté ;
-
défendre une recommandation.
L’Apec cite notamment la communication assertive parmi les compétences relationnelles utiles dans les fonctions managériales, aux côtés du feedback, de la médiation et de la capacité à créer des relations de confiance.
Mais cette compétence ne concerne pas uniquement les managers.
Un collaborateur, un chef de projet, un commercial, un référent métier ou une personne en transition professionnelle peut également avoir besoin de s’affirmer davantage dans ses interactions.
Prendre sa place ne signifie pas occuper tout l’espace
La confiance professionnelle est parfois associée à une image très visible :
parler facilement,
prendre rapidement la parole,
défendre fortement ses idées,
être à l’aise devant un groupe.
Mais une personne peut être discrète tout en étant parfaitement assertive.
Prendre sa place signifie surtout être capable de :
-
exprimer une contribution lorsqu’elle est utile ;
-
poser une question lorsqu’une information manque ;
-
demander de l’aide lorsque cela est nécessaire ;
-
signaler un problème ;
-
faire connaître une limite ;
-
défendre un point de vue argumenté.
L’assertivité concerne donc moins le volume de parole que la capacité à ne pas disparaître de la relation professionnelle.
Comment savoir si l’on manque d’assertivité ?
Certains comportements peuvent constituer des signaux.
Par exemple :
-
accepter régulièrement des demandes que l’on ne peut pas absorber ;
-
préparer longuement une intervention puis ne pas prendre la parole ;
-
éviter d’exprimer un désaccord ;
-
s’excuser systématiquement avant de présenter une idée ;
-
attendre qu’une situation soit devenue insupportable avant de poser une limite ;
-
laisser un collègue décider systématiquement à sa place ;
-
avoir du mal à demander de l’aide ;
-
ruminer un échange sans avoir exprimé ce que l’on souhaitait réellement dire.
Ces comportements ne définissent pas une personnalité.
Ils peuvent dépendre du contexte, du niveau d’expérience, de la relation hiérarchique ou de la confiance dans ses compétences.
La bonne nouvelle est qu’ils peuvent évoluer.
Première compétence : exprimer un besoin avec précision
« Ça devient compliqué. »
« J’ai beaucoup de travail. »
« Il faudrait peut-être changer quelque chose. »
Ces phrases expriment une difficulté, mais elles ne permettent pas nécessairement à l’interlocuteur de comprendre ce qui est attendu.
Une communication plus assertive peut préciser :
La situation :« Trois nouveaux dossiers m’ont été confiés cette semaine. »
La conséquence :« Je ne pourrai pas terminer les cinq dossiers vendredi dans le niveau de qualité attendu. »
La demande :« J’ai besoin que nous définissions ensemble les trois priorités. »
Le message devient beaucoup plus facile à traiter.
Deuxième compétence : savoir dire non
Dire non est souvent difficile dans un environnement professionnel.
La personne peut craindre :
-
d’être considérée comme peu impliquée ;
-
de décevoir son manager ;
-
de créer un conflit ;
-
de manquer une opportunité ;
-
de paraître incapable.
L’assertivité ne consiste pourtant pas à accepter toutes les demandes.
Elle permet de refuser la demande sans rejeter la personne.
Par exemple :
« Je comprends que ce document soit important. Je ne peux pas le finaliser pour ce soir avec les deux échéances déjà prévues. Je peux en revanche te proposer une version demain à 11 heures. »
Le refus est clair.
Une alternative est proposée.
Dire non sans se justifier pendant dix minutes
Une erreur fréquente consiste à accumuler les justifications.
Plus l’explication devient longue, plus la personne peut donner l’impression que son refus reste négociable.
Une réponse assertive peut rester courte :
« Je ne pourrai pas participer à cette réunion car je dois finaliser le dossier client à cette heure-là. Envoie-moi les décisions prises et je prendrai connaissance du compte rendu. »
Clair.
Professionnel.
Sans agressivité.
Troisième compétence : exprimer un désaccord
Être assertif ne signifie pas rechercher systématiquement le consensus.
Une équipe a besoin de pouvoir exprimer des avis différents.
Le désaccord devient problématique lorsqu’il attaque la personne plutôt que l’idée.
Comparer :
« Cette décision n’a aucun sens. »
avec :
« Je vois un risque dans cette option : elle ajoute deux étapes au processus alors que notre objectif était de réduire les délais. Pouvons-nous vérifier ce point avant de valider ? »
Le second message crée un espace de discussion.
Comment exprimer un désaccord à son manager ?
La relation hiérarchique peut rendre l’exercice plus difficile.
Une structure simple peut aider.
Reconnaître l’objectif
« Je comprends que notre priorité soit de livrer vendredi. »
Présenter le point de vigilance
« En revanche, je vois un risque à supprimer entièrement la phase de contrôle. »
Expliquer pourquoi
« Nous avons déjà rencontré deux erreurs sur ce type de dossier. »
Proposer
« Je suggère de conserver un contrôle réduit plutôt que de le supprimer. »
Le manager reste libre de décider.
Mais le collaborateur a pleinement exercé sa responsabilité professionnelle en exprimant son analyse.
Quatrième compétence : poser ses limites
Une limite professionnelle peut concerner :
-
la charge ;
-
les horaires ;
-
la manière de communiquer ;
-
le respect ;
-
le périmètre d’une mission ;
-
les interruptions ;
-
certaines responsabilités.
Poser une limite suffisamment tôt est souvent plus facile que d’attendre.
Par exemple :
« Lorsque tu modifies directement mes documents sans m’informer, j’ai du mal à identifier la version validée. J’ai besoin que tu me signales les changements avant diffusion. »
La phrase porte sur un comportement précis.
Elle évite :
« Tu ne respectes jamais mon travail. »
Cinquième compétence : demander
La confiance professionnelle passe aussi par la capacité à demander.
Demander :
-
une explication ;
-
une formation ;
-
un feedback ;
-
une responsabilité ;
-
une clarification ;
-
de l’aide.
Certaines personnes attendent que leur manager devine leurs besoins.
Mais l’autre personne ne dispose pas nécessairement de cette information.
Une demande efficace doit être explicite.
« J’aimerais participer au prochain projet pour développer ma capacité à présenter devant des clients. Est-ce envisageable ? »
Cette phrase ouvre une discussion beaucoup plus facilement que d’attendre silencieusement une opportunité.
Sixième compétence : accepter que l’autre puisse dire non
L’assertivité fonctionne dans les deux sens.
Exprimer clairement une demande ne signifie pas obtenir automatiquement satisfaction.
Un interlocuteur peut :
-
refuser ;
-
négocier ;
-
proposer une autre solution ;
-
demander davantage d’informations.
Être assertif signifie donc également accepter la discussion.
L’objectif n’est pas de gagner.
Il est de rendre possible un échange professionnel clair.
Septième compétence : recevoir un feedback sans perdre ses moyens
La confiance en soi ne signifie pas être convaincu de tout faire parfaitement.
Elle permet aussi d’entendre une critique sans la transformer immédiatement en jugement sur sa valeur personnelle.
Face à un feedback, plusieurs questions peuvent aider :
Quel comportement précis est concerné ?
Quel résultat était attendu ?
Que puis-je modifier la prochaine fois ?
Le feedback devient une information permettant de progresser.
Confiance en soi et confiance professionnelle : quelle différence ?
On peut se sentir à l’aise dans certains domaines et manquer d’assurance dans d’autres.
La confiance professionnelle se construit souvent autour de trois dimensions.
La maîtrise
Je sais réaliser certaines tâches.
L’expérience
J’ai déjà rencontré et géré plusieurs situations.
La reconnaissance de ses capacités
Je suis capable d’identifier ce que je sais faire sans minimiser systématiquement mes réussites.
Cette dernière dimension est importante.
L’Apec recommande notamment, lorsqu’un professionnel doute durablement de sa légitimité, de revenir à ses réalisations concrètes et aux compétences démontrées plutôt qu’aux seules perceptions.
Construire un inventaire de ses réalisations
Un exercice simple consiste à identifier plusieurs situations professionnelles réussies.
Pour chacune :
Quelle était la situation ?
Quel était mon rôle ?
Qu’ai-je réellement fait ?
Quelle compétence ai-je utilisée ?
Quel a été le résultat ?
Par exemple :
« Le client était mécontent d’un retard. J’ai repris le dossier, organisé un point, construit un nouveau planning et obtenu son accord. »
Les compétences deviennent visibles :
communication,
organisation,
gestion de situation difficile,
négociation.
La confiance repose alors sur des éléments concrets.
L’assertivité peut-elle s’apprendre ?
Oui.
Comme beaucoup de compétences relationnelles, elle se développe notamment grâce à :
-
la compréhension de ses réactions habituelles ;
-
l’apprentissage de structures de communication ;
-
l’entraînement ;
-
les jeux de rôle ;
-
le feedback ;
-
l’exposition progressive à des situations plus difficiles.
Commencer par une situation simple est souvent plus utile que vouloir immédiatement traiter la conversation la plus inconfortable de l’année.
Une méthode simple pour préparer une conversation difficile
Avant un échange, il est possible de préparer quatre éléments.
1. Les faits
Que s’est-il réellement passé ?
2. Mon besoin
Qu’est-ce qui est important pour moi dans cette situation ?
3. Mon message
Que dois-je réellement dire ?
4. Ma demande
Qu’est-ce que je souhaite obtenir concrètement ?
Cette préparation réduit le risque de partir dans une longue justification ou de laisser l’émotion décider du message.
5 formulations utiles pour communiquer avec davantage d’assertivité
Pour clarifier :« Je veux être certain d’avoir bien compris : quelle est la priorité entre ces deux demandes ? »
Pour refuser :« Je ne pourrai pas prendre cette mission cette semaine sans décaler une autre échéance. »
Pour exprimer un désaccord :« Je comprends cette option, mais je vois un risque que nous devons examiner. »
Pour poser une limite :« Je suis disponible pour en discuter, mais je souhaite que nous restions centrés sur les faits. »
Pour demander :« J’aimerais avoir un feedback sur ce projet afin d’identifier ce que je peux améliorer. »
Ces formulations ne constituent pas des scripts à réciter.
Elles montrent surtout qu’il est possible d’être clair sans être brutal.
Assertivité et dialogue professionnel
L’assertivité ne dépend pas uniquement de l’individu.
L’organisation doit également créer un environnement dans lequel il est possible de parler du travail.
Une consultation de l’Anact menée auprès de plus de 2 600 répondants en 2025 — sans constituer un échantillon représentatif — a notamment mis en évidence des difficultés à discuter régulièrement de sujets tels que la charge, l’autonomie, les difficultés ou les objectifs. Parmi les freins cités figurait également le manque d’aisance managériale pour organiser ces échanges.
Développer l’assertivité des collaborateurs est donc utile.
Mais elle produit davantage d’effets lorsque l’entreprise crée aussi de vrais espaces de dialogue.
Pourquoi former à la confiance en soi et à l’assertivité ?
Parce que ces compétences peuvent avoir des conséquences très concrètes sur la vie professionnelle.
Elles permettent notamment de :
-
prendre davantage la parole ;
-
faire connaître ses besoins ;
-
poser ses limites plus tôt ;
-
demander de l’aide ;
-
gérer un désaccord ;
-
présenter ses compétences ;
-
défendre une proposition ;
-
envisager une évolution professionnelle avec davantage d’assurance.
Elles sont utiles aussi bien pour un collaborateur en poste que pour une personne qui prend de nouvelles responsabilités ou traverse une transition professionnelle.
Développer sa confiance avec PROJEXIA
PROJEXIA inscrit la confiance en soi parmi ses expertises en compétences transverses.
La formation Confiance en soi & estime de soi permet notamment de travailler :
-
les fondements de la confiance en soi ;
-
les croyances limitantes ;
-
la posture assertive ;
-
la capacité à dire non ;
-
la manière de poser ses limites ;
-
l’expression de soi sans agressivité ;
-
la gestion du stress dans certaines situations ;
-
la construction d’un plan d’action individuel.
Les mises en situation et jeux de rôle permettent de travailler des situations proches de la réalité professionnelle.
L’objectif n’est pas de changer de personnalité.
Il est de développer davantage de liberté dans sa façon d’agir et de communiquer.
Prendre sa place avec justesse
La confiance professionnelle ne consiste pas à ne plus jamais douter.
Et l’assertivité ne consiste pas à avoir systématiquement le dernier mot.
Elles permettent plutôt de ne plus laisser la peur du désaccord ou du jugement décider à sa place.
Exprimer une idée.
Formuler une demande.
Poser une limite.
Dire non.
Reconnaître aussi que l’autre peut ne pas être d’accord.
C’est souvent dans cet équilibre que se construit une communication professionnelle à la fois plus claire et plus sereine.
Vous souhaitez aider vos collaborateurs à renforcer leur confiance et à communiquer avec davantage d’assertivité ?
Découvrez la formation Confiance en soi & estime de soi proposée par PROJEXIA et construisez un accompagnement adapté aux situations professionnelles rencontrées par vos équipes.
Questions fréquentes sur l’assertivité au travail
Qu’est-ce que l’assertivité au travail ?
L’assertivité est la capacité à exprimer clairement son opinion, ses besoins ou ses limites tout en respectant son interlocuteur.
Quelle différence entre assertivité et agressivité ?
L’assertivité défend une position sans dévaloriser l’autre. L’agressivité cherche davantage à imposer une position ou attaque la personne.
Comment apprendre à dire non au travail ?
Il faut formuler un refus clair, expliquer brièvement la contrainte lorsque cela est utile et, si possible, proposer une alternative réaliste.
Comment exprimer un désaccord avec son manager ?
Il est utile de reconnaître l’objectif, présenter précisément le point de désaccord, expliquer les faits qui justifient son analyse et proposer une alternative.
Comment développer sa confiance professionnelle ?
La confiance se développe notamment en identifiant ses compétences et ses réalisations, en obtenant du feedback, en pratiquant progressivement des situations nouvelles et en apprenant à communiquer de manière plus assertive.
Peut-on apprendre l’assertivité ?
Oui. Les techniques de communication, les mises en situation, les jeux de rôle et le feedback permettent de développer progressivement cette compétence.
Pourquoi suivre une formation sur la confiance en soi ?
Une formation structurée permet d’identifier certains freins, de s’entraîner à poser ses limites, exprimer ses besoins et gérer des situations professionnelles qui demandent davantage d’assurance.













